
Toutes deux héritières des Lumières, la France et le Venezuela entretiennent des relations intenses et fécondes depuis la participation de Francisco de Miranda à la bataille de Valmy, puis les voyages croisés de Hervé Bompland et de Simon Bolivar. Les visites de Chefs d’Etat français à Caracas - Charles de Gaulle, en 1964, et François Mitterrand, en 1989 - et de Présidents vénézuéliens à Paris - M. Rafael Caldera, en 1996 et 1998, et M. Hugo Chavez, en 1999, 2001, 2002 et 2005 - ont rythmé cette amitié entre les deux nations.
Il est vrai que la proximité du territoire vénézuélien et des départements français d’Amérique (Martinique, Guadeloupe et Guyane française) confère une dimension très particulière au dialogue et à la coopération entre la France et le Venezuela : nos deux pays partagent une frontière maritime commune, délimitée en 1998, et entretiennent des relations de bon voisinage, illustrées notamment par l’intervention de la défense civile française lors de la catastrophe naturelle qui avait affecté les côtés vénézuéliennes en décembre 1999. Présentes dans les mêmes enceintes régionales - l’Organisation des Etats Américains, l’Association des Etats de la Caraïbe et sans doute, demain, l’Organisation du traité pour la coopération amazonienne -, les deux nations y défendent des positions communes, notamment en matière de défense de l’environnement et de développement durable.
Il en va de même dans les enceintes multilatérales : la France et le Venezuela s’y retrouvent régulièrement pour y défendre leur vision d’un monde multipolaire (à l’Assemblée générale des Nations Unies), culturellement divers (à l’Unesco), mais aussi solidaire (par exemple à l’Organisation internationale du travail et à l’Union postale universelle).
Mais ces conceptions partagées ne seraient rien sans les hommes et les femmes qui incarnent la relation franco-vénézuélienne, que ce soit dans le domaine des arts - comme Denise René, Carlos Cruz Diez, Jesus Soto et Colette de Lozanne - ou dans celui de la science - à l’instar de Henri Corradini, Carlos Genatios et Marie-Claude Mattéi-Muller -, sans oublier ceux qui, ingénieurs, médecins, avocats ou professeurs, animent les associations sur lesquelles reposent désormais en grande partie notre coopération bilatérale. A l’instar de bien des anciens élèves du « Colegio Francia » de Caracas (et il en est d’illustres), ces infatigables médiateurs, dont beaucoup ont fréquenté les universités françaises, entre nos deux cultures ont mis leur créativité, leur volonté, leurs qualités humaines et professionnelles au service de la relation d’amitié entre nos deux pays.
C’est sur ce terreau que les acteurs du monde économique ont pu faire croître leurs plus importants projets : avec leurs partenaires vénézuéliens, nos entreprises sont désormais présentes dans les secteurs les plus divers, depuis la grande distribution jusqu’aux télécommunications, en passant par les services, l’extraction ou le traitement d’hydrocarbures, par exemple. La France est aujourd’hui l’un des tout premiers investisseurs étrangers au Venezuela, pour des montants bien supérieurs à ceux engagés dans la plupart des pays du sous-continent.
Cette histoire et cette géographie partagées, cette vision du monde commune à laquelle des personnalités d’exception donnent corps, ce développement des relations économiques, des échanges culturels et de la coopération scientifique entre les deux pays, de même que la poursuite d’un dialogue politique au plus haut niveau fondent une relation exceptionnelle, par laquelle la France et le Venezuela contribuent, ensemble, au renforcement du partenariat entre l’Europe et l’Amérique latine.
Une seconde réunion de Haut niveau franco-vénézuélienne et la conclusion de 10 accords de coopération, le 3 octobre 2008, ainsi que les deux visites du président Hugo Chavez à Paris (en novembre 2007 et en septembre 2008) sont venus renforcer ce dialogue permanent entre les deux pays.
